A toutes les phobies, à tous les tristes
Remords et à tous les obstacles
Il existe un remède miracle
Qui enivre l'orgueilleux artiste.
Il est une herbe qu'il faut fumer
Pour restituer au monde toutes ses couleurs.
Moi, j'écris devant toute la splendeur
De mon avenir déchiqueté ;
Moi, je crie devant toute l'ampleur
De mes échecs inespérés.
J'ai pleuré à la simple pensée
Que je pourrais trahir mon cœur.
Il nous faut devenir écrivain
Pour comprendre notre propre souffrance
Jusqu'aux entrailles de notre dépendance
Avérée pour ces appétissants instincts ;
Pour oublier ton doux visage,
Trop loin, trop beau, trop irréel ;
Me pâmer dans l'alcool charnel
Qui me confie le courage
De t'avouer mes faiblesses.
Pour m'abolir de mes espoirs
Inertes et stériles que j'égare
Dans des idéaux qui me blessent.
Pour te parler de mon secret
Qui fait de moi la prisonnière
Rebelle des jours sans lumière
Et de tes caresses nues que j'attendais
Dans mon enfer de solitude.
Pour supporter une vie entière
Sans toi, sans passion, sans repère,
Surmontant des siècles de lassitude.
Pour effleurer ta présence
Illusoire qui s'élude
Pour ne laisser que l'incertitude
D'une irascible attirance.
Pour succomber au désir trop rude
Qui dépose sur mes lèvres humides
Ton baiser. Et tes mains intrépides
Découvrent mon corps dans le prélude
De nos relations intimes.
Tes yeux m'inondent des promesses
Naïves que tes actes transgressent,
Et je m'abandonne à ces refrains sans rime
Ni raison, et je me laisse séduire.
Je me laisse pénétrer de tes tendres
Mensonges, je me laisse prendre
A ton jeu sans te maudire.
Toute ma précieuse candeur
Se répand sur les draps agités
Dans nos enlacements souillés
De mes fantasmes songeurs.
Dans le sang de notre crime innocent
Je te sens et te ressens entre mes reins.
Tu suis tes impulsions, tes faims
En te gavant comme un enfant.
Et tu glisses sur la sueur de ma peau
Revenant nerveusement vers moi,
M'enveloppant de ta force et de tes bras,
Libérant en moi ton sperme chaud.
L'exploration des lieux interdits
Que tu tâtes délicatement
De tes doigts légers me surprend.
Et tu m'embrasses dans un vertige exquis
De voluptueuses sensations.
Tu t'enfonces dans les profondeurs
Extrêmes de ma chère douleur,
Dans l'acharnement de tes ambitions.
Tes gestes indiscrets le long
De mes courbes dérobent ma féminité.
Et lorsque tu mouilles mon ventre adoré
Des échos sensuels de ton inspiration
Dans l'élan d'une fellation
Qui t'échappe, ta bouche délicieuse
Vagabonde sur ma poitrine généreuse.
Ta salive se mêle à ma transpiration
Sous ton souffle vibrant
Qui chatouille mes épaules blanches.
Et tu t'accroches à mes hanches,
Tu m'étreins possessivement.
Tu prolonges les mouvements anxieux
De tes impatients va-et-vient,
Et tu reviens encore et tu reviens soudain
Sur mon torse amoureux.
Chaque fois que tu masses mon sein
En murmurant des mots réconfortants
Je te retiens péniblement
Dans la peur de te perdre demain.
Je veux sauver ton âme immortelle
Tombée dans l'oubli
Des années de méfiance et de mépris.
Car tu embrases la terre et le ciel
Du timbre de ta voix immaculée,
Et tu adoucis l'indécente
Convoitise qui nous hante
De ta mélodieuse clarté.
Pour oser proférer des paroles sincères
Dans le silence de nos moments d'ennui
Et détourner ce monde pourri
Des plaisirs éphémères.
Avant d'expirer pour la dernière fois
Et m'évanouir dans la Nature
Souveraine, éternellement pure,
T'aimer et penser encore à toi.
Virginie Dascotte, le 14 avril 2001
S.E.X.U.A.L.I.T.E.S (2)
"Le mythe de l'Amour immortel"
Ainsi l'obscurité innondait le monde,
Le néant et l'oubli palpaient le temps,
Captivant les années comme les secondes,
Foudroyant nos martyres d'antan.
L'éclair d'un instant illumine
Les cieux tel une étincelle
Mourante dans ces ténèbres orphelines.
Ecoute les cris des mortels
Impuissants,écoute
sangloter
Les esprits égarés sous cette terre
Qui vibre encore sous tes pieds,
Ecoute le mort solitaire
Implorer qu'on l'oublie enfin !
Ecoute-le comme désespérément
Il recherche une fin !
Entends les gémissements
Des souvenirs que tu retiens.
Précieux trésor où demeurent
Les désespoirs clandestins
Et les derniers morceaux d'un coeur
Brisé. Ce sont les mensonges
Des heures impitoyables sur ton lit
De prières dans lequel s'allonge
L'ombre de nos corps endormis.
Sens les frissons de ma peau
Sous tes doigts que, discrètement,
Tu glisses dans le creux de mon dos.
Toi qui fait trembler fébrilement
Ma misérable chair. Ecoute mon sein
Gourmand de tes baisers rougissants,
Ecoute dans ma poitrine le refrain
Insensé, démesuré, de ses battements.
Et si tu explorais mon cou qui attend
Que tu l'embrasses, et mes cascades
De boucles sombres où trop souvent
Tu t'endors. Ecoute cette sérénade
Qui vient d'ailleurs, pour nous bercer
De romantisme, et qui nous laisse
Un sentiment étrange d'avoir rêvé,
des parfums sauvages, des caresses
Partagées, et une sensualité pénétrante
Dont tu ne peux plus te passer.
Et ce désir jusqu'à l'aurore nous hante.
Et ce désir respire la volupté
D'un mystère que nous gardons
D'autres époques, d'autres empires,
Comme une éternelle malédiction
Qui nous contraint à sans cesse revenir,
A revivre perpétuellement ce même amour
Mythique. Oh ! Comme j'aimerais
Trouver le repos ! Comme je prie pour
Notre pardon, notre union, notre paix !
Mais même l'au-delà n'est pas assez vaste
Pour nous y perdre. Et ni même le sang,
Ni même la peur, ni la passion, ni les chastes
Promesses, ni notre pure dévouement,
Ni aucun être, aucune force de l'univers,
Ne pourront jamais adoucir nos peines.
Ainsi toutes les nuits, sans toi, j'erre,
Espérant qu'un jour, tu me reviennes.
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